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Sortie de squat : un travail au long cours

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FRANCE-SOCIAL-OCCUPATION-REFUGEE WOMEN-HOUSING

Occupation d'un restaurant chinois abandonné à Montreuil 

Crédit photo Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
L’association Luttopia a conclu un partenariat avec la ville de Montpellier et l’Etat, qui propose à des sans-abri de quitter des squats avec une solution « officielle » de logement temporaire. Deux postes d’assistantes de service social chargées de « l’aller-vers » ont été financés par les institutions pour ce dispositif.

En 2020, le collectif Luttopia gérait un squat de près de 200 personnes, dans un bâtiment appartenant à la ville de Montpellier – les Archives départementales – et censé être libéré depuis 2018. « Dans un contexte de confinement, la perspective d’une expulsion fin octobre 2020 a été une vraie douche froide », évoque Gwendal Lasne, assistante de service social. Des négociations ont été engagées avec la mairie et la préfecture : « L’idée était d’accompagner la sortie du squat avec une solution de logement intercalaire censé faciliter aussi l’insertion. »

Un gros travail de diagnostic, amorcé pendant six mois, a pu être mis en place en juillet 2021 avec deux assistantes sociales territoriales. « Le but de l’“aller vers” est entre autres de lutter contre le non-recours aux droits sociaux, explique Fanny Mercier, assistante sociale de secteur pour la mission “Aller vers”. Beaucoup de squatteurs ne les connaissent pas. » Par ignorance, non-réception des courriers, découragement face aux démarches, ou méfiance envers les institutions. « Aller à leur rencontre permet d’établir une relation de confiance sans être intrusif, ajoute l’assistante sociale. On prend le temps, cela aide à recréer du lien avec les institutions. »

Détecter des situations complexes

Le travail effectué sur le site du squat Luttopia, dans un bureau dédié à ses permanences, s’est aussi développé sur les lieux de distribution alimentaire. « Cette notion d’“aller vers” répond à la nécessité d’aller chercher les publics là où ils se trouvent », rappelle Najate Haïe, cheffe de service du service départemental des solidarités Mosson. Objectif : informer, orienter, faire un diagnostic pour que l’accès au droit soit une réalité pour tous : « sans-abri », demandeurs d’asile censés bénéficier de conditions matérielles d’accueil, foyers identifiés par l’administration mais privés d’hébergement… « Notre action permet d’être repéré par ces publics mais aussi d’avoir connaissance d’autres lieux de squats », signale Najate Haïe. Ou encore de détecter des situations complexes, telles que les familles avec enfants, les personnes seules, les problèmes de santé ou d’addiction, les déboutés du droit d’asile, les personnes âgées… « Il y a de plus en plus de jeunes », constate Fanny Mercier. « Nous voulions montrer aussi que les squats ne sont pas obligatoirement des repères de voleurs et de drogués, confie Gwendal Lasne. On trouve des squats sociaux où vivent des familles avec enfants qui ne vont pas d’elles-mêmes vers les services sociaux. »

Le dispositif s’étend

Au total, 88 personnes du squat Luttopia, soit 43 structures familiales dont 12 avec enfants, ont fait l’objet d’un diagnostic. « Les engagements de la ville et de l’Etat ont été tenus, tous ont bénéficié d’un hébergement d’urgence », évoque Gwendal Lasne. Une dizaine dans un hôtel, les autres dans des bâtiments vacants de la ville ou de la Société d’équipement de la région montpelliéraine, mis à disposition temporaire pendant 18 mois après remise aux normes. Le collectif, de son côté, s’était engagé à ne plus accueillir de squatteurs dès octobre 2020 et d’évacuer le squat en mars 2021. Il s’est aussi transformé en association. « Cet autre engagement nous permettait d’assurer les biens et de veiller à la bonne marche du projet », note Gwendal Lasne. Il se traduit aussi par une convention d’occupation précaire signée avec le propriétaire, et un règlement intérieur à respecter. « Nous disposons de 18 mois pour accompagner ces habitants, les ramener vers leurs droits et vers une solution de logement plus pérenne », indique Fanny Mercier.

Les assistantes social interviennent aujourd’hui dans sept squats publics, avec la même démarche. « On en découvre au fur et à mesure », confie la professionnelle. Le diagnostic posé au départ par ces travailleurs sociaux est essentiel pour la réussite de l’opération. La ville a aussi créé un service qui prospecte pour trouver des logements. « En réfléchissant collectivement et globalement, on peut réussir à limiter l’habitat indigne, souligne Gwendal Lasne. L’expulsion n’est pas une solution. »

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