« Dans cette relation à trois qu’est la médiation animale, l’intervenant professionnel décrypte et favorise l’interaction entre l’animal et le bénéficiaire », explique Hervé, intervenant en médiation animale auprès d’enfants en difficulté.
Métier en pleine expansion, le rôle du professionnel de médiation animale repose sur la présence et l’interaction avec des animaux, avec pour objectif d’améliorer le bien-être physique, émotionnel et social des individus accompagnés. L’intervenant est aussi l’interprète de la relation entre l’animal et le bénéficiaire. Il lui revient de préparer les animaux pour la médiation. C’est lui qui décrypte, pose les mots et prend conscience de ce qu’il se passe entre l’animal et le bénéficiaire. A lui de mettre en place des protocoles thérapeutiques en adaptant les ateliers aux besoins des personnes. Durant les séances, ces derniers peuvent ainsi être amenés à participer à l’entretien des animaux (alimentation, hygiène), ce qui favorise leur responsabilisation et leur autonomie.
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Les interventions de médiation animale peuvent être individuelles ou collectives, dans des cadres variés (éducatif, thérapeutique ou récréatif). En EHPAD, l’animal peut être utilisé pour apaiser les résidents souffrant de solitude, stimuler la mémoire ou les fonctions motrices. Avec des enfants ayant des troubles du comportement, l’animal peut faciliter la gestion des émotions et encourager la communication. Lors du coucher par exemple, il peut participer à un rituel rassurant qui apaise les enfants et facilite leur sommeil.
Auprès de personnes en situation de handicap, la relation avec l’animal permet de mieux se connaître, de développer la confiance en soi et la sensibilité. Certains animaux tels que les chevaux sont aussi d’un grand soutien pour le développement moteur. En milieu carcéral, des séances avec des animaux peuvent notamment aider les détenus à développer leur patience et leur gestion du stress.
Profil et compétences
Pour exercer ce métier, des connaissances en comportement animal sont incontournables afin de comprendre les besoins et le langage des différentes espèces utilisées. Empathie, sensibilité, écoute et créativité sont autant de qualités nécessaires au professionnel de la médiation animale. Ce en vue d’établir une relation positive entre les bénéficiaires et les animaux et de concevoir des activités adaptées aux besoins de chaque personne. En médiation animale, la collaboration avec d’autres professionnels tels que des psychologues ou des éducateurs est fréquente. Des compétences en communication sont donc requises pour que les échanges soient féconds dans l’intérêt des bénéficiaires.
Formation
Hormis l’ACACED (attestation de connaissance pour les animaux de compagnie d’espèces domestiques), le sésame pour travailler avec les animaux, il n’y a pas un mais plusieurs chemins qui permettent d’exercer en médiation animale. Les formations varient selon leur durée, leur mode et leur spécialisation. Elles s’adressent principalement aux professionnels du social, médicosocial ou éducatif souhaitant enrichir leurs pratiques avec des interventions assistées par l’animal. Courtes (quelques jours) ou longues (plusieurs mois), ces formations alternent en général théorie et pratique. La plupart sont accessibles à partir du bac, et certaines proposent de se former à distance tout en maintenant une activité professionnelle.
En suivant une formation en médiation animale, le futur intervenant apprend généralement à :
- Prendre la posture inhérente à la posture d’aide.
- Proposer des activités adaptées à la fois aux besoins du bénéficiaire et au caractère de votre animal.
- Initier le contact avec le bénéficiaire.
- Concevoir un protocole thérapeutique ou récréatif en lien avec la direction de la structure d’accueil.
- Connaître le répertoire des comportements de l’animal accompagnant.
- Assurer le bien-être et le respect des émotions de l’animal partenaire dans le cadre d’une activité.
Débouchés
Grâce à la reconnaissance croissante des bienfaits de la médiation animale, ce métier offre de nombreuses opportunités dans les secteurs sociaux, éducatifs et sanitaires. Ainsi, de plus en plus de structures médico-sociales (EHPAD, IME, foyers d’accueil spécialisés), d’établissements éducatifs (écoles, centres pour enfants en difficulté) ou de services hospitaliers de rééducation ou psychiatriques ont recours à un intervenant en médiation animale.
Ce dernier peut également exercer au sein d’associations spécialisée ou en tant qu’indépendant, en proposant des activités adaptées à différents publics (personnes âgées, enfants avec des troubles du comportement, personnes en situation de handicap, etc.).
Par ailleurs, certains professionnels de la médiation animale collaborent avec des fermes pédagogiques ou des refuges animaliers pour développer des projets éducatifs ou thérapeutiques.
Évolution de carrière
Après quelques années d’exercice, l’intervenant en médiation animale peut choisir de se spécialiser dans un domaine particulier, comme la médiation équine, canine ou encore la zoothérapie avec des publics spécifiques (enfants autistes, personnes âgées atteintes de maladies neurodégénératives, etc.). Certains professionnels évoluent vers des postes à responsabilité, comme la coordination de projets au sein d’établissements médico-sociaux ou éducatifs. D’autres optent pour l’entrepreneuriat en créant leur propre structure (ferme thérapeutique, cabinet de médiation animale) ou en développant des programmes adaptés à des besoins spécifiques.
Il est également possible pour ces professionnels d’élargir leurs compétences grâce à des formations complémentaires en psychologie, éthologie ou accompagnement social ; ce qui leur permet d’intervenir dans des contextes plus complexes. Enfin, certains intervenants expérimentés deviennent formateurs pour transmettre leur savoir-faire et contribuer à la professionnalisation du métier.
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