Recevoir la newsletter

Alerte à Malibu (suite et fin)

Article réservé aux abonnés

Précédemment, dans « Alerte à Malibu »(1) – Le groupe de cinq ados que Thomas accompagne a été viré de la plage d’une base de loisirs par un maître-nageur peu enclin à la mixité sociale.

Nous quittons la plage et j’accepte, à la demande des jeunes, d’aller faire une heure de paddle sur une autre partie du lac. Même s’ils sont excités, je perçois du positif dans cette journée. Nous prenons la direction de la cabane de location. C’est Fred qui nous accueille : une bonne bouille avec moustache grisonnante, léger embonpoint et lunettes accrochées à un cordon autour du cou. Il serre la main de tous. Je le souligne, parce que c’est assez rare. Il regarde chaque jeune dans les yeux, et demande si tout le monde sait nager. Riad explose de rire : « Wallah, y en a qui ne savent pas nager ici ! Je ne balance pas, mais Mustafa… ». Mustafa réagit au quart de tour : « Vas-y, ferme bien ta bouche toi ! Wallah je sais nager, idiot va ! » Fred coupe court : « Il n’y aura pas de jaloux, gilet obligatoire pour tous. C’est par sécurité qu’on garde une vigilance pour certains. »

Nous enfilons nos gilets et le groupe écoute Fred religieusement : « La pagaie s’utilise comme ceci. Une main d’un côté, l’autre ici. Surtout, vous ne la perdez pas. Il y a peu de risque, parce qu’elle flotte, mais vous ne la perdez pas ! » Entre jeux d’équilibre, courses, et batailles d’eau, l’activité se déroule à merveille. Malgré tout, Riad et Mustafa règlent leurs comptes en dégainant leurs pagaies, tels des escrimeurs. Mustafa parvient à attraper celle de Riad d’une main et à la récupérer d’un geste sec. Il se lève sur son paddle, lève la rame tel un trophée et crie victoire. Puis dans un élan, la tenant comme un javelot, il vise l’eau. La pagaie plonge dans un angle parfait.

Mais elle ne remonte pas. Riad bégaie et lâche un « putain, ma pagaie ! » Mustafa lui rétorque : « Vas-y rentre à la nage ! » Les autres jeunes rigolent. Coincée dans les algues, la rame restera introuvable. Je demande à Mustafa d’assumer sa responsabilité en allant voir le responsable. « Tu vas lâcher de l’argent ! », charrient les autres jeunes. Penaud, mais le sourire en coin, Mustafa se présente devant Fred. Il fixe le jeune, me regarde et dit : « Et maintenant, comment on fait ? » Mustafa, tête baissée, ne répond pas.

Fred poursuit : « J’ai une solution. La base est remplie de déchets, il y a des papiers partout. Je te file des gants, un sac poubelle, et on est quittes. » Mustafa lève la tête, son regard s’illumine, et répond : « Sérieux ? mais oui, je le fais direct, et pardon, c’est l’autre con, il m’a trop chauffé ! » Sans surprise, Riad se moque de lui… Et se retrouve à devoir prendre des gants et un sac poubelle. Dans un élan de solidarité, les autres s’y mettent aussi en lançant à Fred : « T’inquiète, ta plage, on va te la bichonner ! »

Notes

(1) Voir ASH n° 3289 du 6-01-23, p. 29.

Carnet de liaison

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client 01.40.05.23.15

par mail

Recruteurs

Rendez-vous sur votre espace recruteur.

Espace recruteur