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« Mieux promouvoir le logement accompagné »

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Les professionnels n’ont pas été entendus. Ils réclamaient un ministère dédié au logement, ils n’auront sans doute qu’un secrétariat d’Etat. Un choix politique remis en cause par Arnaud de Broca, délégué général de l’Union professionnelle du logement accompagné (Unafo).
Comment réagissez-vous à l’absence de ministère du logement dans le nouveau gouvernement ?

Normalement, un secrétaire d’Etat devrait être nommé après les élections législatives. C’est du moins ce que l’on nous a annoncé. Mais cela reste insuffisant. Le risque est que la question du logement soit secondaire. Un ministre de plein exercice ou même délégué aurait eu plus de poids. Cette situation révèle à quel point cette cause a été complètement oubliée des débats politiques. Alors même que les manques sont énormes, notamment en termes de production. Rattacher le logement au ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires indique bien que ce thème n’est considéré que sous l’angle de la transition énergétique. La démarche est réductrice et pas crédible tant les problématiques sont nombreuses. Nous sommes inquiets car il est urgent d’agir.

Quelles sont les priorités ?

La première est liée au pouvoir d’achat car l’habitat représente une part très importante du budget des ménages. Cela passe donc par une augmentation des aides au logement. Si nous ignorons encore les intentions du nouveau gouvernement sur ce sujet, force est de constater que le précédent quinquennat les avait diminuées au lieu de les revaloriser. La question de l’adaptation des bâtiments aux enjeux énergétiques se pose aussi, notamment avec la loi « climat » du 22 août 2021, qui impose de mettre aux normes le logement privé et social. L’autre grand enjeu concerne la construction. On ne bâtit pas assez par rapport aux demandes. Il est nécessaire de poursuivre la politique du Logement d’abord, de lutter contre le sans-abrisme, de développer les résidences sociales, le logement accompagné. Aucune de ces questions n’a encore été abordée. A titre d’exemple, le Logement d’abord se termine à la fin de l’année. Quid d’un nouveau plan quinquennal ? Celui-ci devra évidemment être plus ambitieux afin de développer un accès au logement pour tous.

Les travailleurs sociaux sont-ils suffisamment épaulés pour faire face aux enjeux ?

Dans l’hébergement et le logement accompagné, les problèmes sont les mêmes que dans le champ du handicap et des personnes âgées : l’attractivité des métiers est en berne. D’autant qu’il y a encore des oubliés du Ségur et qu’un flou demeure sur les moyens de compenser les revalorisations salariales accordées. C’est un des sujets que nous aborderons avec la personne nommée au secrétariat d’Etat. Mais l’attractivité des métiers ne se limite pas à une hausse des salaires. Le gouvernement va devoir continuer à déployer la feuille de route sur les résidences sociales, les pensions de familles… annoncées lors du précédent quinquennat. Nous devons mieux promouvoir le logement accompagné. Ce secteur demeure encore trop méconnu des travailleurs sociaux. Enfin, une réflexion doit être menée sur le modèle économique du logement accompagné, lié aux enjeux de la transition énergétique et de la hausse du prix de l’énergie. Un ministère à temps plein sur ces sujets n’auraient pas été de trop.

Qu’en est-il des préconisations du rapport « Piveteau-Wolfrom » sur l’habitat inclusif ?

Si ce rapport est essentiellement focalisé sur le champ du handicap, il impacte l’ensemble des secteurs, dont le logement. Nous devons travailler sur le rôle, le sens des métiers de l’intervention sociale. Nous allons échanger avec les différents acteurs concernés mais il faut reconnaître que les secteurs du logement et de l’hébergement ne se sont pas encore suffisamment emparés de ce texte. Des pistes intéressantes existent pourtant qui ne nécessitent pas forcément une transcription législative ou réglementaire.

Bertrand Declemy

vient d’être élu président de l’Unafo, succédant ainsi à Jean-Paul Vaillant. Directeur général d’Aréli, bailleur social associatif dans les Hauts-de-France, il entend « poursuivre et consolider nombre d’actions en place et utiles ».

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