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Les joies du camping-car

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Dans le nord de la France, à Calais, la constance de la solidarité s’exprime encore, vaille que vaille, par les nombreux dons distribués par les associations actives sur la Côte d’Opale. Mercredi, ce sont trois Bretons, la quarantaine, qui ont débarqué ici à bord de leur camping-car. Vivi, Math et Olive, souriants et engagés, ont décidé de venir apporter leur soutien pendant quelques jours à la WareHouse, ce grand hangar de l’Auberge des migrants qui héberge plusieurs associations. Ils sont venus les coffres pleins et, en cette fin d’hiver, les besoins sont énormes. Manque de chaussures, de pulls, de sous-vêtements, de produits d’hygiène, de tentes…

Dans cette fourmilière, les sacs s’empilent sur plusieurs mètres de hauteur, jusque dans des conteneurs à l’extérieur. Alors, quand les colis arrivent, il faut les trier consciencieusement, avec patience, pour isoler les besoins et répartir les distributions. Vivi pointe du doigt une des tours de vêtements : « Là, ce sont les kits d’urgence qu’on prépare pour Utopia 56. » A l’intérieur de chaque kit, une paire de chaussettes, un caleçon, un pantalon, un t-shirt, un pull et un manteau. Le strict minimum, sec et chaud, généralement dispensé après les naufrages au large des côtes. Car les tentatives de passage en bateau reprennent de plus belle, avec leur lot d’échecs et de retours trempés, sur la terre ferme, souvent par moins de 10 °C.

« Les besoins en lingerie féminine sont aussi importants », note Vivi. Avec l’arrivée des beaux jours, de plus en plus de familles affluent sur le littoral pour tenter leur chance de l’autre côté de la Manche. Mais dans leur camion, le trio originaire de Lorient ne s’est pas arrêté au nécessaire vital. Ils ont aussi apporté une paire de jouets, qu’ils ont donnés à Project Play, une association qui intervient sur les lieux de vie pour faire oublier aux enfants, quelques instants, leur quotidien en transit.

Alors que les expulsions s’enchaînent toutes les quarante-huit heures à Calais et alentour, que la confiscation des tentes se poursuit, l’acheminement de dons en continu sur le littoral constitue un maillon du fonctionnement humanitaire local. Sans ce secours permanent venu des quatre coins de France, les personnes exilées seraient encore un peu plus fragilisées et précarisées. Si tous les regards sont actuellement tournés vers l’exil des Ukrainiens, la solidarité dans le nord de la France se poursuit. A la guerre comme à la guerre.

Une saison en migrations

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