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Pandémie

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Le vent froid de décembre est tombé sur Calais et Grande-Synthe. Les températures négatives glacent parfois les petits matins. Sur les campements, bénévoles et personnes exilées s’enveloppent d’épais manteaux et bonnets. Mais cet hiver, comme le précédent, aux rigueurs météorologiques s’ajoutent les conséquences de la pandémie. Ces jours-ci, lors des distributions de nourriture ou d’eau, les masques fleurissent à nouveau, après avoir été un peu délaissés cet été lorsqu’on croyait évitable une cinquième vague, quand on pensait que le vaccin porterait le coup de grâce à ce virus omniprésent dans le monde.

Mais non : l’épidémie poursuit sa course et prive les associations de leurs forces vives. En quelques jours seulement, une dizaine de bénévoles ont dû se retirer du terrain et s’isoler dans leurs appartements. Un confinement forcé qui diminue drastiquement le nombre de bras, déjà peu nombreux sur le terrain à l’entrée de l’hiver. De leur côté, les volontaires continuant de travailler sur les lieux de vie multiplient les tests, dans l’espoir d’être négatifs. Au téléphone, dans la file d’attente d’un laboratoire d’analyses, une coordinatrice d’Utopia 56 le dit en riant : « C’est mon dixième test en deux semaines. »

De quoi réveiller le souvenir de l’hiver 2020, où plusieurs dizaines de bénévoles avaient dû se confiner aux Palominos, le camping dans lequel les associations s’étaient installées. La promiscuité des bungalows de quatre ou six personnes leur avait compliqué la tâche, mais les associatifs s’étaient organisés afin que le virus circule le moins possible entre eux, pour protéger leurs équipes et, bien sûr, les personnes exilées avec qui ils sont en contact au quotidien.

Outre le manque de bras, qui peut engendrer de graves difficultés dans les distributions alimentaires – par exemple, lors des confinements et des annonces de restrictions de mouvement –, les associations de terrain ont été particulièrement ciblées par les forces de l’ordre. Chez Utopia 56, on avoisine la centaine d’amendes de 135 € pour « non-respect du confinement ». Chez Human Rights Observers, lors des expulsions matinales, les bénévoles étaient souvent menacés par les policiers : « Pour eux, notre travail ne relevait pas de l’humanitaire », souligne une militante associative.

Malgré la maladie et les quarantaines, en dépit des confinements, à l’encontre des « coups de pression » des autorités, toutes et tous continuent de faire leur travail et apportent nourriture, eau, tentes et affaires chaudes aux personnes exilées qui en ont besoin, au lendemain des naufrages ou au petit matin lors des expulsions. Et la Covid, elle, plane toujours au-dessus de leurs têtes, menaçant de ralentir leurs efforts.

Une saison en migrations

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