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Mineurs non accompagnés : de multiples déterminants à la réussite de l’accueil

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Qu’elle s’opère en établissement collectif, en famille d’accueil ou en appartement partagé, la prise en charge des mineurs non accompagnés en zones rurales implique la sensibilisation de la population locale et la prise en compte du parcours du jeune.

Difficultés de captation de logements, perte de temps d’accompagnement social sur la route par les éducateurs spécialisés, freins à l’autonomie des jeunes en raison du manque de transports en commun… La configuration des zones rurales oppose de nombreux obstacles au suivi des mineurs non accompagnés (MNA).

« Malgré la volonté du département, la question de s’étendre sur des zones plus rurales se pose régulièrement », reconnaît Gaëlle Le Guern, directrice du dispositif d’accueil et d’accompagnement des MNA pour le Groupe SOS dans le Bas-Rhin. Accueillis sous mandat du conseil départemental par l’association, 150 jeunes partagent des appartements à trois ou à quatre. Parmi eux, une vingtaine résident sur les petites communes de Bouxwiller et d’Ingwiller. « Ce qui est déterminant lorsque nous choisissons les candidatures d’appels à projet, c’est la capacité d’intégration et d’insertion sur le territoire. Par exemple, le lieu doit être desservi par les transports scolaires », confirme Véronique Aulnette Le Roux, cheffe du service d’accueil collectif et familial à la direction « enfance-famille » du département d’Ille-et-Vilaine, qui compte 552 places dédiées à l’accueil des MNA.

Informer la population

Pour les plus vulnérables, les établissements collectifs sont privilégiés pour une approche pluridisciplinaire régulière. La réhabilitation de biens immobiliers comme d’anciennes casernes de gendarmerie sur les communes à faible densité de population de Liffré et de Sens-de-Bretagne permet, par exemple, l’hébergement et l’accompagnement de jeunes, souvent collégiens en obligation de scolarité. Mais l’implantation de structures implique un travail d’information et de rencontres entre la population et l’association mandatée. Lever les appréhensions inhérentes à la visibilité des MNA dans les villages tient à la mobilisation des élus locaux, du milieu associatif et de citoyens. « L’avantage est qu’une fois l’appréhension et la barrière de la suspicion écartées, les personnes sont plus enclines à s’investir dans la relation avec le jeune. Bien que ce ne soit pas évident, les enfants s’inscrivent davantage qu’en ville dans un réseau social – dans le domaine sportif, par exemple », indique Gaëlle Le Guern.

Les patrons de petites entreprises artisanales se montrent plus attentifs aux projets professionnels des MNA. Pour les offres d’emploi, le bouche-à-oreille fonctionne. D’ailleurs, la volonté des départements de répartir l’accueil des jeunes sur l’ensemble des espaces territoriaux a aussi pour but de pallier le manque de main-d’œuvre sur des métiers en tension. « Les villages sont intéressants pour la mise en place d’un projet professionnel. Cela permet d’aller sur des métiers moins accessibles à la découverte en zone urbaine », ajoute Véronique Aulnette Le Roux.

Tenir compte du vécu du jeune

En Alsace, le réseau d’accueil solidaire de l’association Foyer Notre Dame propose un mode d’accueil en familles bénévoles. En matière d’intégration, ce système efficient permet de mettre à profit le tissu social de la famille, souvent bien ancrée dans l’environnement local. Six des neufs enfants pris en charge le sont dans des petits villages comme Schopperten où le nombre d’habitants est inférieur à 500. « Certains jeunes, en raison de leur milieu d’origine, ne supportent pas le milieu urbain et préfèrent être au contact de la nature. Nous tenons compte de ce critère lors de la mise en relation avec la famille », explique Elodie Maillot, cheffe de service du réseau d’accueil solidaire de l’association. Si, pour certains, la campagne mène à l’apaisement et à la mise à distance de tentations négatives, elle peut aussi générer de l’angoisse. En raison de leur parcours traumatique, de nombreux MNA ressentent de l’insécurité avec l’isolement des territoires ruraux. Tandis que le caractère cosmopolite des zones urbaines offre facilement l’anonymat ainsi qu’un réseau de pairs.

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