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« Les projets territoriaux de santé mentale seront très inégaux »

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Alors que 20 millions d’euros ont été dédiés au renforcement de l’offre en pédopsychiatrie et que le gouvernement a annoncé la poursuite en 2020 de l’effort budgétaire, la présidente de l’Unafam juge que l’on est loin du compte.
Les mesures gouvernementales pour la pédopsychiatrie vous semblent-elles aller dans le bon sens ?

Dans le bon sens, oui, mais insuffisantes. Il y a eu une prise de conscience de la part du secrétaire d’Etat à la protection de l’enfance que toute une partie des enfants relevant de l’aide sociale de l’enfance (ASE) étaient mal pris en charge. Toutefois, les moyens qui vont permettre une prise en compte réelle des besoins, de la situation de ces enfants sont encore nettement insuffisants.

Quelles sont, selon vous, les priorités ?

La priorité est qu’il y ait plus de repérages des troubles psychiques, des maladies métaboliques qui vont entraîner des troubles psychiques, des troubles du neurodéveloppement. Ces repérages permettent d’identifier les besoins de ces enfants et donc d’y répondre plus facilement. Aujourd’hui, compte tenu de l’état de la pédo­psychiatrie, du temps d’attente pour avoir accès à un CMP, à un CMPP, on met en danger ces enfants, et on ne tient pas compte de l’urgence. Quelques mois d’attente pour un enfant, à l’échelle de son temps de vie, c’est énorme ! Mais le repérage pour le repérage ne suffit pas. Il faut ensuite derrière les mesures d’accompagnement nécessaires : orthophonie, accompagnement social, hospitalisation ou en hôpital de jour…

La mise en place d’équipes mobiles en appui des professionnels de l’ASE est-elle une solution ?

Les acteurs du secteur médico-social sont désemparés devant les troubles psychiques des mineurs, devant la violence, qu’elle soit verbale ou physique, quand un enfant va très mal. Les équipes mobiles sont une réponse mais pas toutes les réponses. On a avec les enfants de l’ASE la même problématique que pour les autres mineurs, mais elle est multipliée par 100 car il n’y a pas de soutien familial. Il y a un déficit de réflexion de manière globale sur ce qu’il faut à l’enfant. La question est : comment travaille-t-on ensemble pour établir le meilleur parcours pour l’enfant ?

Les PTSM devraient répondre à ce besoin de coordination entre les acteurs.

Les projets territoriaux de santé mentale (PTSM) vont être très inégaux et ne vont pas répondre à toutes les questions. Les moyens qui ont été mis en place par les agences régionales de santé ou les conseils départementaux pour leur élaboration sont extrêmement variables. Les PTSM sont de vrais outils pour travailler à unifier les parcours, identifier les manques, les besoins, mais faut-il encore que le diagnostic territorial partagé ait été fait correctement et que ce dernier ait bien pris en compte les enfants, les enfants relevant de l’ASE. Que les équipes aient été aidées par les ARS, par les conseils départementaux. Il faut attendre le mois de juillet 2020 pour savoir ce qu’il va en sortir. Mais d’après nos remontées du terrain, il y a une très grande hétérogénéité qui se profile. Sans oublier que quand il n’y a rien, il n’y a rien. Certains territoires n’ont plus de pédopsychiatres, connaissent des CMPP débordés, un déficit de paramédicaux, de psychologues, ergothérapeutes, orthophonistes, plus de place en service d’éducation spéciale et de soins à domicile (Sessad). Il reste encore des trous dans la raquette.

Repères

Marie-Jeanne Richard est à la tête de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychiques (Unafam) depuis juin 2018. Elle a d’abord exercé comme enseignante en Afrique, puis comme praticienne hospitalière en qualité de biologiste au CHU de Grenoble. Elle a été ensuite expert au sein de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé.

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