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La Cité des Dames, un an après…

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Ouverte à Paris il y a un an, la Cité des Dames, qui accueille des femmes sans abri, sept jours sur sept, 24 heures sur 24, a dressé son premier bilan le 15 janvier. En une année de fonctionnement, 788 personnes isolées – âgées en moyenne de 37 ans – ont fréquenté le dispositif, dont 453 en hébergement de nuit. Plus de la moitié sont des migrantes. À leur arrivée, 80 femmes étaient enceintes et 50 % d’entre elles avaient été victimes de violences. Elles ont pu se reposer, se doucher, manger, laver leur linge, rencontrer des travailleurs sociaux, des sages-femmes, des psychologues… Environ 55 % d’entre elles ont été accompagnées sur le plan médical et/ou psychologique, et 43 % ont bénéficié d’un suivi social. L’originalité de ce lieu est, en effet, d’avoir mis en place un partenariat innovant au carrefour de l’urgence et de l’insertion entre l’ADSF (Agir pour la santé des femmes) et l’Armée du salut. Mais si la Cité des Dames correspond à un besoin crucial, tout n’est pas rose pour autant. L’accueil visait d’abord les femmes à la rue depuis longtemps, invisibles, mais « ces grandes cassées », pour reprendre l’expression de la sociologue Marie Loison-Leruste, n’ont pas franchi la porte d’entrée. Ce sont les « moins » fragilisées qui sont venues. Entre autres raisons, selon la chercheuse, le manque de coordination de secteur et, peut-être, « l’inconditionnalité conditionnelle » des lieux d’accueil qui proposent un soutien pouvant faire peur, dans un premier temps, aux femmes les plus désocialisées. Autre point soulevé : la difficulté pour les équipes de professionnels et de bénévoles de trouver un logement pérenne aux personnes hébergées. « Notre structure n’a de sens que si nous trouvons des solutions pour l’après. L’urgence est une porte d’entrée mais nous ne pouvons pas nous résigner à ce que ce soit une porte de sortie. À quoi servons-nous si les femmes doivent retourner à la rue ? Beaucoup d’entre elles veulent un logement, une formation, un emploi et là nous sommes assez démunis », souligne Christophe Piedra, responsable de la Cité des Dames. Financée par l’État, la Ville de Paris, le Département et des fonds privés, cette expérimentation montre aussi – s’il en était besoin – que les hébergements d’urgence pour les femmes manquent : seuls 10 % leur sont dédiés alors que 12 % de femmes sont en situation de rue, un chiffre en constante augmentation. Dès son ouverture, la Cité des Dames a été à saturation. Actuellement, plus de 60 nouvelles pensionnaires sont accueillies chaque mois.

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