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Des dépenses toujours plus lourdes pour les départements

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L’Assemblée des départements de France (ADF) et La Banque postale Collectivités locales ont publié, le 11 octobre, l’étude « Regard financier sur les départements ». La problématique du financement des allocations individuelles de solidarité (RSA, PCH, APA) est de plus en plus prégnante pour les conseils départementaux.

Les dépenses de fonctionnement des départements représentent 58 milliards d’euros, dont 62 % d’entre elles sont destinées à l’action sociale (36 milliards d’euros, soit 556 € par habitant). « La nature et les montants des dépenses d’action sociale sont autant d’illustrations des différences [entre les départements] inhérentes à des particularités démographiques, géographiques ou socio-économiques », souligne l’étude « Regard financier sur les départements » publiée le 11 octobre(1).

En 2018, la dépense au titre du revenu social de solidarité active (RSA) et de l’insertion atteint 10,9 milliards d’euros, soit 169 € par habitant. « 10,6 milliards d’euros relèvent des allocations RSA, en hausse de 3,3 %. Les charges d’insertion des bénéficiaires du RSA s’élèvent à 0,3 milliard d’euros. Elles regroupent le financement des contrats uniques d’insertion, les dépenses liées à la formation, la prise en charge de frais de transport et de logement », détaille l’étude.

La dépense au titre de la protection de l’enfance capte 7,8 milliards d’euros (soit 121 € par habitant). Elle progresse de 2,6 %, en lien avec la hausse de 2,9 % des dépenses de placement en établissement ou en famille d’accueil. « Cette évolution résulte exclusivement de l’augmentation du nombre de jeunes accueillis (essentiellement à la suite d’une décision de justice : + 10 000, + 5,8 %). L’afflux de mineurs non accompagnés (MNA) se poursuit : la part des MNA parmi l’ensemble des mineurs accueillis est désormais de 17,7 %, contre 6,8 % en 2015. »

Pour ce qui concerne les personnes en situation de handicap, la dépense pour les départements augmente de 1,1 % et s’élève à 8,2 milliards d’euros (126 € par habitant). Près des deux tiers des financements concernent des frais de placement au sein d’établissements d’accueil et d’hébergement. La prestation de compensation du handicap (PCH) progresse de 5,6 % et s’élève à 1,9 milliard d’euros.

Totalisant 8,3 milliards d’euros (128 € par habitant), l’aide aux personnes âgées constitue le deuxième poste des dépenses d’action sociale départementales. Elle représente 22,9 % des dépenses d’action sociale, soit un poids équivalent à celui de 1988.

Elle se compose principalement de deux aides : l’aide sociale à l’hébergement (ASH) et l’allocation personnalisée d’autonomie (APA). Les dépenses brutes au titre de l’ASH s’élèvent à 2,1 milliards d’euros, soit en moyenne 363 € par personne âgée de plus de 75 ans, pour environ 120 000 bénéficiaires. Les départements recouvrent en moyenne 47 % des sommes engagées (moyenne sur la période 2004-2016).

Le défi du vieillissement

En 2018, les dépenses consacrées à l’APA s’élèvent à 5,8 milliards d’euros (3,4 pour l’APA à domicile et 2,4 pour l’APA en établissement). La part des départements dans le financement de l’APA n’a cessé de croître sur la période 2003-2010, jusqu’à atteindre 71 % en 2010. Selon l’étude, la participation de l’Etat, via la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie, n’évolue pas au même rythme que les dépenses. Elle diminue même graduellement, passant de 44 % en 2002 à moins de 40 % en 2018, au détriment des finances départementales.

« La problématique du financement des allocations individuelles de solidarité (AIS) devenant de plus en plus prégnante […], la loi de finances initiale pour 2019 a créé un fonds de 115 millions d’euros sur trois ans abondé par l’Etat pour améliorer le financement des AIS. » Réparti entre une trentaine de départements selon des critères, ce fonds est une première réponse à un besoin de stabilité des ressources départementales, « mais reste insuffisant ».

L’étude rappelle enfin que le vieillissement de la population pourrait contribuer à accroître les dépenses au titre des personnes âgées « de manière sensible ». Et de conclure : « Ce nouveau défi est susceptible de conforter la place du département dans ses missions de solidarité. C’est une partie de l’enjeu des débats publics sur la loi “grand âge et autonomie”. »

Notes

(1) ADF/La Banque postale Collectivités locales.

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