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« Le départ du domicile est freiné par le manque de ressources »

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directrice générale de la Fédération nationale Solidarité Femmes : « Les femmes intériorisent un certain nombre d’inégalités et de stéréotypes qu’il faut que l’on parvienne à déconstruire. »

Entre 45 000 à 50 000 appels sont pris en charge chaque année par le « 3919 Violences Femmes Info », le numéro national d’écoute téléphonique et d’orientation à destination des femmes victimes de violences, de leur entourage et des professionnels concernés. « Les femmes appellent quand la situation est très dégradée, quand les violences atteignent des limites insupportables, y compris pour les enfants. En 2017, une femme sur dix a déclaré lors de l’écoute avoir été menacée de mort », explique Françoise Brié, directrice générale de la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), qui est chargée de la gestion de ce numéro.

Solidarités femmes est également un réseau de 67 associations spécialisées en France, en milieu urbain et en milieu rural. 30 000 femmes sont accompagnées hors hébergement et près de 5 000 femmes et enfants sont hébergés en urgence, à moyen et long terme. Nous avons des accords avec des bailleurs pour permettre à des femmes hébergées dans nos structures d’accéder plus facilement à un logement social. Le dispositif de mise en sécurité des femmes les plus en danger par éloignement géographique concerne 150 femmes chaque année. « Il faut faire des permanences déconcentrées, travailler en partenariat, ce qui demande un maillage territorial très important. La difficulté de financement freine l’augmentation de nos activités et leur poursuite en particulier en milieu rural », déplore Françoise Brié.

Un accompagnement global

« Les violences faites aux femmes s’inscrivent dans les inégalités femmes/hommes. Selon les statistiques du 39 19, il y a un différentiel très important entre agresseurs et victimes sur le plan des ressources. Les femmes travaillent pour 49 % d’entre elles contre 70 % des auteurs de violences. 24 % sont inactives ou au foyer contre 12 % des agresseurs. Il y a des violences économiques : confiscation des ressources, interdiction de travailler. Dans les deux tiers des situations, les femmes résident dans un logement partagé avec l’auteur des violences et 55 % d’entre elles souhaitent quitter le domicile, mais ce départ est freiné par le manque de ressources financières. »

« On travaille avec les femmes sur la sortie de la violence, la reconstruction et le retour à l’autonomie mais également, lors de groupes de parole et d’accueils collectifs, sur le développement d’une conscience critique sur les violences et sur les inégalités femmes/hommes car les femmes intériorisent un certain nombre d’inégalités et de stéréotypes qu’il faut que l’on parvienne à déconstruire. » Les violences ne sont pas un problème de psychologie masculine ou féminine, ni de “relations passionnelles”. Il est important de travailler sur les stratégies de protection pour les femmes pour réduire les risques au moment de quitter le domicile avec leurs enfants car 20 % des féminicides sont commis au moment où les femmes cherchent à partir. Un suivi psychologique permet aux femmes de se reconnaître en tant que victimes mais il est important de sortir du cycle de la violence et de reconstruire. Beaucoup de facteurs peuvent intervenir sur la reconstruction : la question de l’emploi, celles de l’intégration, du lien social. Les femmes bénéficient également d’un soutien dans les démarches juridiques et d’un soutien à la parentalité.

Les femmes étrangères surreprésentées

Les femmes étrangères cumulent plusieurs facteurs de vulnérabilité. Elles sont surreprésentées (32 % contre 15 % des femmes françaises) dans les hébergements complexes et représentent 52 % des mises en sécurité via Solidarité Femmes. Seules 32 % d’entre elles ont déclaré avoir perçu un salaire contre 59 % des femmes françaises. « La précarité économique et le fait d’être étrangère sont des facteurs de risque pour la mise en danger car les femmes n’ont pas accès à tous leurs droits », ajoute Françoise Brié.

« Il y a une stricte séparation entre les structures pour les femmes victimes de violences (centres d’hébergement et de réinsertion sociale, centres maternels pour les femmes victimes de violences, maisons relais) et celles pour le suivi des auteurs de violences. On parle de “suivi socio-judiciaire” pour les auteurs des violences et d’“accompagnement” pour les femmes car la violence s’inscrit dans la loi. Il peut y avoir des groupes de parole pour les auteurs de violences mais l’on doit travailler avec les services de justice et de police. »

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