Recevoir la newsletter

« Sans projet de vie, l’habitat inclusif n’a pas de sens »

Article réservé aux abonnés

L’association La Licorne à Gourdon (Lot) a mis en place, depuis 2018, un habitat partagé et intergénérationnel dans lequel cohabitent des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Présentation avec son président Patrick Clary.
Comment est né le concept d’« habitat partagé » ?

L’association La Licorne s’est appuyée sur le guide de l’habitat inclusif pour mettre en place ce projet en 2018. J’ai été accueillant familial et mes convictions m’ont poussé à monter ce projet pour permettre à des personnes vulnérables d’avoir une vie davantage ancrée dans la cité. Il y a actuellement sept locataires en résidence principale, avec chacun un logement individuel. Ils retrouvent de l’autonomie, se sentent chez eux, en sécurité et sortis de leur isolement. Une famille gouvernante accompagne dans leurs tâches quotidiennes cinq locataires grâce à une mutualisation de la prestation de compensation du handicap. Nous sommes en train de faire une extension du bâtiment pour accueillir cinq autres personnes. Mais pour conserver une vie communautaire, un esprit « grande famille », il est important de ne pas aller au-delà de ce nombre.

Quel est le profil des locataires ?

Certains vivaient à domicile, seuls ou avec un proche aidant, d’autres étaient en institution. L’habitat inclusif peut proposer de l’hébergement d’urgence à un mandataire judiciaire ou un proche aidant qui se trouve dans une impasse avec la personne qu’il protège. Des associations qui ont un projet d’habitat inclusif nous ont envoyé certains de leurs résidents pour une immersion de quelques semaines afin de voir comment ils vont s’adapter à ce cadre de vie.

Votre concept a aussi un caractère intergénérationnel.

L’habitat partagé accueille une personne de 84 ans, un jeune handicapé de 23 ans, une personne de 40 ans… Cette mixité est une grande force. Si l’on veut que ces personnes âgées et handicapées vivent dans la cité, il faut éviter le microcosme que l’on peut retrouver dans une institution.

Quelle est la place du projet de vie ?

Sans projet de vie, l’habitat inclusif n’a aucun sens. Le moteur du projet, c’est l’occupationnel. On ne peut pas mettre des personnes vulnérables en habitat autonome sans occuper leur journée. Ce serait une aberration de mélanger des personnes âgées et des adultes handicapés, dans des logements individuels et avec une pièce commune, sans accompagner les temps communs. L’habitat inclusif n’est pas un bouche-trou, c’est une solution alternative à l’institution, à l’isolement à domicile. Il y a une vie en groupe auquel les personnes doivent adhérer. Nous avons été contraints d’exclure de l’association deux locataires. Ces personnes ont des problèmes psychologiques ou psychiatriques, sont en souffrance, et n’ont pas la capacité de vivre en groupe. Cela risquait de déséquilibrer l’habitat inclusif et de créer du désordre. Ils ne sont pas exclus de leur logement puisqu’ils ont un bail, mais pour eux l’habitat inclusif perd son sens puisqu’ils retournent dans l’isolement.

Avez-vous eu des financements ?

Aucun. L’immobilier repose sur de l’autofinancement, l’accompagnement des locataires est effectué par des bénévoles de l’association et l’accompagnement médico-social par des intervenants en emploi direct à travers l’APA et la PCH. Nous avons fait les démarches de financements mais les textes d’application de la loi « Elan » n’avaient pas encore été publiés. Notre projet est précurseur et nous devons désormais attendre.

Repères

La maison familiale La Licorne a reçu le label « Tous concernés, tous mobilisés » de la Conférence nationale du handicap.

Décryptage

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client 01.40.05.23.15

par mail

Recruteurs

Rendez-vous sur votre espace recruteur.

Espace recruteur