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Le mouton à cinq pattes

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A Maromme, en Seine-Maritime, le Village des Aubépins pratique le baluchonnage selon le modèle québécois depuis dix ans. Un dispositif qui sera évalué en novembre et qui préfigure ce que pourrait être un baluchonnage à la française.

A Maromme, près de Rouen, le Village des Aubépins a fait le pari de l’ouverture sur la cité en 2005. Trois ans avant de faire celui du baluchonnage. A l’initiative du service nommé « Parenthèse à domicile » : Marie-Pascale Mongaux, avant d’être directrice de trois Ehpad en Seine-Maritime dont celui de Maromme, était cadre en établissement hospitalier. « On avait souvent des hospitalisations d’aidants familiaux épuisés, se souvient-elle. Et on nous demandait de “placer” la personne aidée en Ehpad. C’est assez tragique : les aidants organisent tout pour que le proche reste à domicile le plus longtemps possible et ce sont eux qui craquent en premier. »

A Maromme comme ailleurs, l’idée d’une forme de baluchonnage butait sur la question du temps de travail. Mais ici, partenaires sociaux, professionnels, financeurs comme l’agence régionale de santé (ARS) ou le département, « tout le monde s’est montré intéressé pour mener une expérimentation », relate Marie-Pascale Mongaux. De 2008 à 2013, sans cadre réglementaire précis, le service a fonctionné avec des interventions qui pouvaient durer jusqu’à trois jours et deux nuits. Toujours avec l’accord du salarié. « On était hors les clous du droit du travail mais il y avait un consensus global. » En 2013, l’ARS a lancé un appel à projets pour introduire un cadre réglementaire expérimental. « Pour les aidants, on avait des salariés qui commençaient à ramener de l’institutionnel au domicile et on perdait la notion d’accompagnement. »

Car là réside la particularité du service. Parenthèse à domicile, selon le modèle québécois, offre un accompagnement à l’aidant. « Si l’aidant fait part d’une difficulté, le baluchonneur va observer, essayer de comprendre les raisons du blocage, trouver des stratégies pour le lever, et les restituer avec beaucoup de tact à l’aidant. » La structure compte un coordinateur et trois baluchonneurs. Des « moutons à cinq pattes » qui peuvent à tout moment appeler l’astreinte du service. Le coût ? Environ 550 € pour 24 heures, dont un reste à charge qui avoisine 75 €. « Trop cher, admet Marie-Pascale Mongaux, qui plaide pour un financement par l’assurance maladie. Mais pense-t-on qu’une journée d’hospitalisation coûte cher ? Baluchonneur est un métier difficile, et on imagine des scénarios avec des bénévoles ou des salariés payés au lance-pierre. »

La formation fait partie des principes du baluchonnage. Les professionnels seront réunis les 10 et 11 décembre à Paris. Le 12 décembre, Baluchon France et le conseil départemental du Val-de-Marne organisent le colloque « Baluchonner dans les territoires ». (contact : info@baluchonfrance.com).

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