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C’est une maison jaune

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Simone Fluhr publie les récits de demandeurs d’asile accueillis à Strasbourg dans la maison du CASAS, et réalise avec Daniel Coche un documentaire sur l’action de cette association.

Depuis plus de dix ans, Simone Fluhr accueille, dans une maison jaune en plein cœur de Strasbourg, des hommes, des femmes et des enfants venus de pays où ils ont subi des persécutions. Avec ses collègues, des bénévoles et des stagiaires, elle recueille leurs histoires, plus atroces les unes que les autres. La retranscription des motifs et des circonstances qui les ont conduits à fuir leur pays leur permet de demander protection auprès de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA). Dans cette maison, il n’y a jamais assez de places, tant les requérants sont nombreux, et il n’est pas rare que cinq entretiens se déroulent simultanément dans le brouhaha. Il n’y a pas assez de temps non plus. Cette maison jaune est une association d’aide aux demandeurs d’asile, le Collectif d’accueil des solliciteurs d’asile à Strasbourg (CASAS), porte d’entrée des requérants qui ont tous l’espoir de trouver un refuge dans notre pays. Dans ce livre Mon pays n’est pas sûr, Simone Fluhr résume les parcours des demandeurs d’asile qui l’ont marquée, et dénonce aussi la violence que leur fait subir la France, qui ne leur accorde que très rarement l’asile, et souvent au prix de lourds efforts. Le plus dur, selon elle, est de « recueillir et contenir ces récits qui ne trouvent parfois d’autres voies que celles des pleurs, de la pétrification ou de la suffocation, et cela, sans être détruits nous-mêmes ». Jusqu’au jour où elle fait un burnout, excédée par cette loterie permanente. « Est-ce d’avoir entendu, une fois de plus, la plainte de cette mère géorgienne exténuée qui, depuis son arrivée en France, erre jour et nuit dans la ville, à la recherche d’un endroit où se poser avec son enfant ? […] Est-ce d’avoir reçu, une fois de plus, une fois de trop, le témoignage muet de cet homme du Darfour qui veut seulement me montrer les marques sur son corps, infligées au couteau et au fer rouge, comme si seules ces marques pouvaient un peu parler de ce qui lui est arrivé ? […] Est-ce la charge et le stress du travail qui ont encore augmenté en raison du raccourcissement des délais permettant d’introduire sa demande à l’OFPRA ? » C’est plutôt à cause du poids des responsabilités qui finissent par peser sur elle, « quand le moindre défaut de vigilance aboutit à des conséquences dramatiques pour ces demandeurs d’asile. » Mais selon Simone Fluhr, « démissionner serait déserter ». Alors elle s’engage plus à fond encore, au point de commencer la rédaction de cet ouvrage mais aussi de réaliser un documentaire vidéo, Les éclaireurs, sur le travail du CASAS. Celui-ci permet de mettre des visages sur les témoignages du livre, d’entendre les histoires de la bouche des requérants, de matérialiser leur détresse. On y voit aussi les manifestations organisées par les professionnels du CASAS dans les rues de Strasbourg, les gens qui dorment dehors, les solutions qui sont apportées, les joies et les déceptions.

Mon pays n’est pas sûr – Simone Fluhr – Ed. Scribest Publications, coll. « Les contemporains » (scribest.fr@gmail.com) – 12 €

Les éclaireurs – Simone Fluhr et Daniel Coche – 1 h 34 – Dora Films – 10 € – Le film fait aussi l’objet de nombreuses projections publiques en présence de réalisateurs (www.dorafilms.com)

Culture

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