La préoccupation est grande dans le secteur des maisons de retraite. Au point que six organisations se sont groupées pour le dire : la Fédération hospitalière de France (qui réunit les établissements publics), le Synerpa (qui rassemble des structures privées), la Fédération nationale de la mutualité française, les associations de directeurs (Fnadepa et CNDEHPAD) et le Syndicat national de gérontologie clinique.
Elles notent que la loi de financement de la sécurité sociale pour 2003 vient d'être adoptée (1) sans qu'aucune indication soit donnée sur l'évolution propre aux crédits du secteur médico-social pour les personnes âgées. Ce « silence du gouvernement » les inquiète d'autant plus qu'elles ont chiffré à 14,5 %l'augmentation des crédits nécessaire pour faire face aux engagements pris (il faudrait passer de 3,1 à 3,55 milliards d'euros). Et cela, dans le cadre d'un objectif d'évolution globale des dépenses d'assurance maladie de 5,3 %. Outre l'actualisation des moyens actuels, leurs calculs incluent le financement des places promises dans les services de soins infirmiers à domicile (4 000), pour les personnes souffrant de la maladie d'Al- zheimer (1 750) et l'hébergement temporaire (750), plus le coût des conventions tripartites signées ou prévues (2). Les gestionnaires s'inquiètent particulièrement du sort qui sera réservé à ce programme de médicalisation des établissements, sachant que l'incidence d'une convention est en moyenne de 180 000 € et que 1 800 signatures étaient souhaitées en 2003.
Les organisations appellent donc à la cohérence entre ces annonces et les financements. Si cela n'était pas le cas, elles préviennent que le prochain débat sur les retraites leur fournirait l'occasion de saisir les Français de « la condition d'assuré social de second rang réservée aux plus âgés et plus dépendants d'entre eux dans les maisons de retraite ».
(1) Voir ASH n° 2288 du 6-12-02 .
(2) Voir ASH n° 2281 du 18-10-02.