Martine Aubry, ministre de l'Emploi et de la Solidarité, a dénoncé, le 18 novembre, lors de la journée nationale des droits de l'Enfant, la « judiciarisation des procédures de protection de l'enfance ».
Selon la ministre, cette tendance s'explique, notamment, par le fait que des signalements sont « souvent » effectués « pour de strictes raisons familiales et culturelles ». « Pire », les mesures d'aide éducative « dans le milieu familial sont en train de suivre la même voie ». De plus en plus prononcées par le juge, elles interviennent plus tardivement que les mesures administratives. Des propos auxquels les travailleurs sociaux n'ont pas manqué de réagir violemment (voir ce numéro).
Pour la ministre de la Solidarité, il « n'est pas tolérable » qu'un certain nombre de placements soient « motivés par des raisons purement économiques ». C'est pourquoi, elle a décidé, en accord avec la ministre de la Justice, de confier aux inspections générales des affaires sociales et de la justice la mission d'analyser les « motivations réelles des décisions de placement » administratif et judiciaire et « les raisons de l'échec d'une partie substantielle des mesures d'assistance éducative en milieu ouvert ».