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Quand les réfugiés attendent leur famille...

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« Les travailleurs sociaux ont observé que les réfugiés vivaient souvent de longues périodes de séparation avec leur famille... qui se comptent souvent en années.  » Soucieux de comprendre en quoi cette séparation et la réunification familiale conditionnent l'insertion, le Service social d'aide aux immigrés  (SSAE) a mené, en collaboration avec le Centre d'études et de recherches internationales  (CERI), une enquête à partir des témoignages de 84 réfugiés (1). Celle-ci, qui sera rendue publique le 24 juin, lève le voile sur des populations mal connues car encore peu étudiées et sur leurs souffrances.

En moyenne de deux ans, mais pouvant se prolonger pendant six ou sept ans, la séparation d'avec la famille crée une situation d'attente, d'incertitude, et de stress. Le réfugié est soumis aux aléas (vérifications d'identité, de filiation) de la procédure d'asile et de regroupement familial, à l'obtention d'un emploi et d'un logement. Il est généralement inquiet pour sa famille restée au pays et qu'il craint de mettre en danger, s'il lui écrit. Mais c'est cette même peur qui, liée à la souffrance de la solitude, motive la décision de la faire venir en France. «  L'arrivée de la famille [...] va-t-elle être un facteur d'insertion et d'intégration du réfugié [...] ou bien va-t-elle poser problème ? », se demandent alors les chercheurs. Leur conclusion est claire : la séparation familiale a bien un fort impact sur l'insertion des réfugiés et de leur famille. Certes, l'origine urbaine, la jeunesse, la connaissance du français «  sont autant de gages de réussite du regroupement familial », note l'étude. Il n'en reste pas moins un moment délicat. Les retrouvailles du couple, parfois appréhendées par le réfugié, sont peu évoquées, « par pudeur ». Celles avec des enfants, quittés très jeunes ou nés après le départ et devenus adolescents, sont très difficiles et les conflits fréquents. Le fossé culturel entre le réfugié et sa famille est devenu important et, allié aux difficultés matérielles, laisse peu de perspectives d'avenir. Pourtant «  les cas de divorce restent relativement rares », souligne l'enquête : les raisons culturelles, économiques et juridiques y concourent mais aussi le nombre d'années passées à regrouper la famille et qui rendrait une telle décision finalement «  incohérente ». Au vu de ces situations, le SSAE confirme la nécessité de «  ce suivi spécifique  » qui consiste à «  préparer l'arrivée de la famille et réaliser l'accueil  ».

Notes

(1)  La séparation familiale et l'insertion des réfugiés - Chirine Rezai et Catherine Withol de Wenden - SSAE : 58 A, rue du Dessous-des-Berges - 75640 Paris cedex 13 - Tél. 01 40 77 94 00.

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