Recevoir la newsletter

Les DDASS dans les « labyrinthes de l'urgence »

Article réservé aux abonnés

Face à l'émergence des pratiques d'urgence dans le secteur social, les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (DDASS) se trouvent aujourd'hui en difficulté. En effet, elles ne parviennent pas à appréhender et canaliser cette évolution qui bouscule les modes d'intervention classiques en travail social. C'est ce qui ressort de l'étude que vient d'achever, pour la direction de l'action sociale, Christine Dourlens, chercheuse au Centre d'étude et de recherche sur les pratiques de l'espace (1). Un document qui s'appuie sur une série d'entretiens menés dans le département du Rhône, complétés dans l'Isère, en Savoie et dans la Loire.

Dans le domaine de l'urgence sociale, les DDASS occupent, en théorie, un rôle central de contrôle et de définition des axes stratégiques d'intervention. Or, constate Christine Dourlens, elles ont du mal à savoir ce qui se passe sur le terrain. Il est vrai que le secteur de l'urgence sociale apparaît multiforme, sans limite précise et en continuelle adaptation. Sans compter que la collecte d'informations, « repose sur une multiplicité d'opérateurs dont les logiques ne sont pas convergentes ». Aussi, les tentatives des DDASS pour fonder durablement les axes d'une politique d'urgence sont-elles « bien souvent mises en défaut » . Alors, elles tentent de se recentrer sur l'encadrement juridico-administratif du travail de terrain. Mais, là aussi, le caractère flou et labile de l'urgence sociale les empêche « de se référer à une définition rigoureuse des dispositifs d'urgence pour contrôler l'action des opérateurs ». Pour « redonner corps à une action publique menacée de fragmentation », l'administration cherche également à développer la coordination. Dans ce domaine elle connaît d'ailleurs certaines réussites, notamment en mobilisant des cercles restreints d'opérateurs sur des objectifs fonctionnels. Sachant que « ces mises en commun ont d'autant plus de chances d'aboutir qu'il existe au départ les bases d'une coopération effective et d'une histoire partagée entre ces acteurs ». Parfois même, cette coordination débouche sur une réflexion plus large avec de véritables tentatives de redéfinition de la politique mise en œuvre. Pourtant, observe, Christine Dourlens, « trop éloignée du terrain, trop contrainte par le respect des procédures », l'administration locale reste « déconnectée des enjeux, des incertitudes et des questionnements qui animent les opérateurs de l'urgence ».

Conclusion : en matière d'urgence sociale, « le travail de distance et de mise en représentation de l'action n'est pas véritablement effectué » . Or, rappelle la chercheuse, lui seul peut « garantir la visibilité des choix opérés et surtout l'évaluation de leur portée ».

Notes

(1)  Dans les labyrinthes de l'urgence - Le cas de l'administration sanitaire et sociale - Christine Dourlens - CERPE : 22, rue Ornano - 69001 Lyon - Tél. 04 78 28 67 94.

LE SOCIAL EN ACTION

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client 01.40.05.23.15

par mail

Recruteurs

Rendez-vous sur votre espace recruteur.

Espace recruteur