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Le racisme marque le pas mais continue de s'enraciner

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« Le sentiment de rejet de l'étranger, tout en marquant quantitativement un net recul par rapport aux années précédentes, s'enracine plus profondément », constate la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH), dans son rapport 1997 sur la lutte contre le racisme et la xénophobie (1), remis le 2 avril à Lionel Jospin. Ainsi, une majorité de personnes juge le racisme très répandu, voire banalisé, 57 % avouant avoir elles-mêmes tenu des propos ou eu des attitudes « qui pourraient être considérés comme racistes ». Dans le même temps, une fraction de l'opinion publique semble devenir moins permissive vis-à-vis des comportements racistes.

Plus précisément, le sondage réalisé pour la neuvième année consécutive par la CNCDH montre que « les Français expriment une décrispation par rapport à l'immigration ,représentée comme moins pesante quantitativement et d'apport économique plus positif ». Depuis 1991, le nombre des personnes estimant qu'il y a trop d'Arabes et de musulmans en France n'a cessé de diminuer. De même, l'opinion selon laquelle les travailleurs immigrés représentent « plutôt un apport positif pour l'économie française » est en progression de 9 % par rapport à 1996 (avec 39 %, elle reste cependant minoritaire). Et 68 % des Français pensent que « les travailleurs immigrés doivent être considérés ici comme chez eux puisqu'ils contribuent à l'économie française ». En revanche, poursuit la CNCDH, « des craintes persistent à l'égard des aspects identitaires, sociaux et culturels de l'immigration et, plus particulièrement, en ce qui concerne le risque de communautarisation ». Une grande partie de l'opinion (73 %) adhère à l'idée selon laquelle « de nombreux immigrés viennent en France uniquement pour profiter de la protection sociale ». Et nombreux (58 %) sont ceux qui estiment que les immigrés « ont une culture et un mode de vie trop différents pour pouvoir s'intégrer en France ». Dans ce domaine, pour une majorité de Français, l'intégration des étrangers reste la meilleure solution mais sous certaines conditions, en particulier en ce qui concerne l'acquisition de la nationalité, la régularisation des sans-papiers et le regroupement familial. A noter, par ailleurs, que le nombre d'actes de violence et d'intimidation racistes continue à décroître même si cela va à l'encontre du sentiment de l'opinion publique et de celui des associations de lutte contre le racisme.

Notes

(1)  La lutte contre le racisme et la xénophobie - Rapport 1997 de la CNCDH - La Documentation française - 160 F.

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