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Garde d'enfant : un métier qui évolue

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Confronté aux attentes des familles et à l'émergence de nouveaux modes d'exercice professionnel, la garde d'enfant est un métier en pleine évolution. C'est ce que confirme l'étude sur les représentations et les enjeux de la garde d'enfant à domicile,  que vient de publier le Centre d'étude et d'action sociales  (CEAS) de Montpellier (1), dans le cadre du projet ATENA sur la formation et la structuration des métiers d'aide aux familles  (2). Réalisée à partir d'entretiens avec des professionnelles (employées familiales et assistantes maternelles), des familles et des représentants d'institutions et d'administrations, cette recherche vise à mieux cerner les caractéristiques de la garde d'enfant et, au-delà, à proposer des pistes, notamment au niveau de la formation, afin d'amé- liorer sa professionnalisation.

Dès les premières pages, le CEAS commence cependant par rappeler qu'en matière de garde d'enfant, certaines choses ne changent pas. Ainsi, ce métier demeure « entièrement tributaire de la relation au sein de laquelle il se déroule ». Il s'agit d'un service qui est difficilement contractualisable et dont le contenu éducatif fait l'objet d'une « négociation continue » entre les parents et les professionnelles. En outre, compte tenu de sa nature particulière et des « relations extrêmement personnalisées » qu'il entraîne, les questions de rémunération et d'horaires sont souvent difficiles à aborder. D'où, d'ailleurs, de nombreux conflits liés à des non-dits. Aussi, le CEAS, qui souhaite la mise en place d'une véritable filière de qualification, propose-t-il d'intégrer à la formation des personnes concernées, l'apprentissage de « capacités de contractualisation et de verbalisation ».

En revanche, le « label familial », souvent cité en référence comme gage de qualité, « s'avère discutable et remis en cause » . « Pourquoi faudrait-il une seconde famille ou une mère de famille de suppléance pour garder un enfant », s'interroge le CEAS, tout en reconnaissant que la famille recouvre un certain nombre de critères de qualité pertinents : interdit de l'inceste, existence d'un groupe restreint, relations affectives stables ou encore découpage du temps ritualisé. Pour le CEAS, les professionnelles doivent néanmoins « travailler sur leurs représentations » en apprenant à dissocier la « personnalisation du service » et l'aspect familial de l'accueil.

Mais ce qui change surtout, c'est que, de plus en plus, les assistantes maternelles et les employées familiales doivent s'adapter aux contraintes familiales et professionnelles des parents. Ce qui exige, de leur part, une grande souplesse en matière d'horaires avec des conséquences sur leurs conditions de travail,  en particulier pour les employées familiales. Là aussi, le CEAS préconise de mieux former les gardes d'enfants au dialogue et à la négociation. Et il insiste sur la nécessité de renforcer les compétences des intermédiaires et des responsables de services afin qu'ils aident à réguler ces difficultés. Enfin, la sécurité reste un critère essentiel, tant en ce qui concerne l'enfant (sécurité physique et confort affectif) que les parents (tranquillité d'esprit). Dans ce domaine, même si la confiance - notion subjective par excellence - joue un rôle déterminant, on peut chercher à objectiver les conditions de sécurité, estime le CEAS. A cet effet, et au-delà du système d'agrément existant, celui-ci propose, notamment, la mise en réseau des professionnelles « afin d'assurer une continuité du service, dimension fondamentale de sécurité ». Une évolution qui répond, selon lui, aux nécessités actuelles du métier (en particulier concernant les problèmes de flexibilité), le travail en réseau ainsi que le développement de relais et de plates-formes de services pouvant « harmoniser localement offre et demande ».

Notes

(1)  L'étude est disponible au CEAS : 403, av. du Père-Soulas - 34090 Montpellier - Tél. 04 67 63 01 29 - 41 F, port compris.

(2)  Le projet ATENA est mis en œuvre par le CEAS dans le cadre d'un financement du Fonds social européen au titre du programme d'initiative communautaire ADPAT.

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