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La lutte contre la violence à l'école

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Le ministre de l'Education nationale, Claude Allègre, a présenté au conseil des ministres du 5 novembre son plan d'action sur la lutte contre la violence à l'école.

Il s'agit de « faire face à des manifestations de violence quotidiennes et banalisées dans de nombreux établissements scolaires », a expliqué Claude Allègre. Ce plan, qui vise à concentrer « des ressources importantes sur un petit nombre de sites », s'appuiera sur un renforcement de la coopération entre l'Education nationale, la Justice, la police, la gendarmerie, la Jeunesse et les Sports et les collectivités locales. Les ministres compétents réuniront prochainement les responsables des services de l'Etat concernés pour lancer l'opération.

Les neuf sites retenus sont répartis dans six académies (Versailles, Créteil, Aix-Marseille, Lille, Lyon et Amiens). Au total, ce sont 412 établissements secondaires qui seront visés par cette opération, dont 171 en zones d'éducation prioritaire et 90 classés sensibles. Afin d'améliorer, dans ces établissements, le suivi et l'encadrement d'élèves « confrontés à de multiples handicaps », des moyens humains seront développés : 125 postes d'infirmières et 125 postes d'assistantes sociales seront créés au 1er janvier 1998. Des médecins scolaires seront également mis à la disposition des établissements. Un effort que le ministre s'est engagé à poursuivre en maintenant « une priorité budgétaire » sur ces sites. En outre, à la rentrée 1998, 100 postes de conseillers principaux d'éducation seront attribués à ces établissements. Lesquels se verront réserver une priorité pour l'affectation des personnels ouvriers et de service ainsi que pour les nouveaux postes d'infirmières et d'assistantes sociales.

En outre, une part importante des 40 000 emplois-jeunes bénéficieront aux sites concernés : plus de la moitié des 10 000 emplois-jeunes d'assistants de vie scolaire dans le secondaire et plus du tiers des 30 000 emplois-jeunes d'aides-éducateurs dans le primaire  (les autres étant, en tout état de cause, affectés à des écoles et collèges sensibles hors sites).

« La violence à l'école ne doit pas rester impunie », a insisté le ministre qui a décliné un certain nombre de mesures. Ainsi, a-t-il rappelé que le projet de loi relatif à la répression des infractions sexuelles, actuellement en discussion au Parlement, introduit de nouvelles dispositions pénales qui aggravent les peines encourues pour des infractions commises dans les établissements scolaires ou leurs abords immédiats (1). De même, la suite donnée aux signalements sera désormais connue : les chefs d'établissement seront informés, en cas de poursuite, de la date et de l'objet de l'audience de jugement. Les dispositifs d'aide aux victimes seront développés. A cet effet, une convention-cadre va être signée entre l'Institut national d'aide aux victimes et de médiation  (Inavem) et le ministère de la Justice pour la création de 250 emplois-jeunes. Et les cellules d'aide et de suivi déjà mises en place dans certains rectorats seront généralisées.

Par ailleurs, afin de surveiller et d'encadrer la sortie des établissements et les trajets, l'aide de la police et de la gendarmerie va être sollicitée dans le cadre des contrats locaux de sécurité (2). Ceux-ci compléteront les conventions départementales passées entre l'Education nationale, la Justice, la police, la gendarmerie et les services d'assistance éducative relevant des conseils généraux.

Concernant les jeunes qui perturbent gravement le fonctionnement des établissements scolaires, une réflexion sera engagée en liaison avec le ministère de la Justice, pour développer les modalités spécifiques d'accueil et de prise en charge. Afin de casser la logique d'errance institutionnelle à laquelle ils sont soumis, les classes relais qui accueillent actuellement 300 jeunes pourraient être développées.

Enfin, il est prévu d'adapter le recrutement et la formation des personnels confrontés aux phénomènes de violence. Une attention particulière sera portée à l'apprentissage des comportements sociaux (respect mutuel, sens de la règle et des interdits) et de l'éducation civique, de la maternelle au lycée.

Les activités périscolaires seront développées, a encore indiqué le ministre de l'Education nationale, avec l'appui de tous les départements ministériels concernés et les élus.

L'ensemble de ce plan fera l'objet d'évaluations associant des chercheurs. Un bilan sera rendu public à la fin de l'an prochain, avant le lancement d'une seconde phase.

Notes

(1)  Voir ASH n° 2035 du 5-09-97.

(2)  Voir ASH n° 2043 du 31-10-97.

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