Recevoir la newsletter

...Christiane Guth, sur le travail social face au racisme

Article réservé aux abonnés

« Le travail social et éducatif face au racisme et aux hétérophobies ». C'est l'intitulé de la formation organisée, en 1996-1997, par six centres de formation de travailleurs sociaux du Bas-Rhin. Bilan de cette expérience originale, qui s'est achevée le 14 mai, avec Christiane Guth, formatrice à l'école d'éducateurs de Strasbourg (1).

ASH  : Comment est né ce projet ? C.G. : A l'origine, nous avons été sollicités par des intellectuels de la Charte européenne, relayés par la municipalité strasbourgeoise. L'objectif étant de lutter contre le racisme en cherchant à comprendre comment il se développe sur le terrain. C'est dans ce contexte que nous avons été amenés à organiser, autour de ce thème, un projet de formation sur l'année scolaire. ASH  : Quel est l'intérêt d'une telle formation ? C.G. : Le racisme constitue une préoccupation pour les étudiants et les formateurs. Mais c'est une réflexion très difficile à mettre en œuvre dans nos centres de formation. On oscille le plus souvent entre deux extrêmes : en parler à l'occasion de cours sur l'immigration ou sur les problèmes de ségrégation des handicapés - ce qui est une façon d'aborder le problème sans vraiment aller au fond -, ou bien bombarder quelques grands principes à l'occasion d'une conférence. Ce qui ne nous satisfaisait pas du tout. En revanche, la formule que nous avons adoptée a permis aux participants, étudiants et professionnels en exercice, de se confronter personnellement aux questions très complexes que soulève l'examen des questions liées, non seulement, au racisme mais, plus largement, à toutes les formes d'hétérophobie. C'est-à-dire aux problèmes touchant à la rencontre avec l'autre. Notre hypothèse centrale étant que l'hétérophobie constitue un invariant anthropologique - autrement dit une attitude potentiellement présente chez tout le monde - qui peut, dans certaines conditions, devenir un système de pensée et un mode de structuration du monde et de l'action envers autrui. ASH  : Quelles difficultés avez-vous rencontrées ? C.G. : On croit tout savoir des questions liées au racisme. Mais chaque fois qu'on les aborde, il y a une grande peur, beaucoup de passion et une grande difficulté à en parler sereinement. Et surtout, il est assez difficile de savoir comment utiliser la réflexion pour mener des actions sur le terrain. Surtout dans des quartiers où les phénomènes d'hétérophobie sont absolument massifs et où se développent également chez les travailleurs sociaux un certain nombre d'attitudes de rejet dans un contexte extrêmement tendu. ASH  : Comment s'est déroulé le programme ? C.G. : Environ 150 professionnels et 300 étudiants du Bas-Rhin y ont participé. Dans un premier temps, nous avons tenté de montrer, au travers de différentes disciplines, à quel point la question du racisme et des hétérophobies est complexe. Nous voulions ainsi dépasser les idées toutes faites. Puis nous avons essayé d'y voir un peu plus clair sur l'immigration. Nous étions d'ailleurs, à ce moment-là, en pleine actualité avec le débat sur la loi Debré et la manifestation contre la venue du Front national à Strasbourg. Enfin, le programme s'est achevé, le 14 mai, par une journée préparée par un groupe de professionnels et intitulée « La fonction politique du travail social ». Revenir à l'idée de la politique comme art de vivre en société, le travail social se devant évidemment d'y prendre sa part, nous paraissant essentiel.

Notes

(1)  Contact : Christiane Guth et Marie-Laure Michon - Ecole d'éducateurs spécialisés - 3,  rue Sédillot - BP 44 - 67065 Strasbourg cedex - Tél. 03 88 21 19 90.

Questions à...

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client 01.40.05.23.15

par mail

Recruteurs

Rendez-vous sur votre espace recruteur.

Espace recruteur