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La CNCDH inquiète de la progression de la xénophobie

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Le 20 mars, Alain Juppé a lancé en France « l'année européenne contre le racisme »   (1), dont le comité national de coordination est confié à la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH). Laquelle rendait public, le même jour, son rapport annuel (2).

Selon ce dernier, les violences racistes (actions qui se traduisent par des morts et des blessés), en régression régulière depuis 1992, ont enregistré une nouvelle diminution l'an dernier. C'est ainsi qu'en 1996, il y a eu 9 actes de ce type contre 19 en 1995. De même les actes d'intimidation (menaces, injures, opérations de propagande, dégradations et violences légères...) ont diminué. Mais cette violence, poursuit la commission, vise plus que jamais les Maghrébins (victimes à 77 % de ces actes en 1996 contre 65 %en 1991).

Si le racisme ne constitue pas un sujet d'inquiétude majeure pour l'opinion, il reste un phénomène présent et visible, relève le rapport :94 % des Français considèrent qu'il est «  très ou plutôt répandu en France », selon les résultats du sondage annuel publié par la CNCDH (3). Pourtant, bien que les Français apparaissent, massivement, conscients du danger que fait peser le racisme et sont largement favorables à une répression pénale, «  la xénophobie - c'est-à-dire la haine de l'étranger - augmente dangereusement », s'inquiète le rapport. Et celle-ci  «  s'exprime de plus en plus ouvertement. Le tabou s'érode devant une résistance plus tiède des citoyens ». Par exemple, un nombre croissant de Français estiment que l'on devrait autoriser des propos sur «  l'infériorité » de certaines races lors des campagnes électorales (53 % en 1996 contre 44 % en 1995). Et 72 % (contre 75 % en 1995) jugent «  utile  » pour lutter contre le racisme de «  renvoyer chez eux tous les immigrés en situation irrégulière  ». «  Ce qui nous préoccupe est que l'expression du racisme ,hormis à l'école, est aujourd'hui largement admise soit, pour certains, au nom de la liberté d'opinion, soit, pour d'autres, en justification de leur propre racisme », a notamment indiqué, le 20 mars, Jean Kahn, président de la commission. C'est ainsi que cette dernière se déclare «  convaincue de la nécessité d'une rédéfinition globale de la politique d'immigration et d'une remise en chantier de l'ensemble du dispositif législatif relatif aux étrangers  ». Ce qui devrait l'amener « dans les prochains mois à une réflexion sur les grandes lignes de la politique d'intégration » du gouvernement (4).

Notes

(1)  Selon la résolution adoptée le 23 juillet 1996 par le Conseil de l'Union européenne et les représentants des gouvernements des Etats membres du Conseil.

(2)  1996. La lutte contre le racisme et la xénophobie - La Documentation française - 160 F.

(3)  Sondage réalisé par l'institut CSA en novembre 1996.

(4)  Voir dans ce numéro.

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