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L'ANDML revendique un droit à l'insertion des jeunes

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« Nous demandons qu'un véritable droit à l'insertion soit reconnu pour les jeunes, en particulier les plus en difficulté. » Plus qu'une revendication, c'est une marque d'impatience que lance, aux pouvoirs publics, l'Association nationale des directeurs de missions locales (ANDML)   (1) qui dénonce une politique d'insertion « incohérente et insuffisante » .

« Même si dans les statistiques officielles le nombre de jeunes au chômage baisse parfois légèrement, tous les professionnels en contact avec les 16-25 ans perçoivent une aggravation des difficultés de ces derniers », constate Jean-Marie Terrien, président de l'ANDML. Plusieurs indicateurs seraient ainsi en train de virer au rouge :augmentation de la fréquentation des missions locales (en particulier par des jeunes possédant un niveau de formation proche du Bac), allongement de la durée des prises en charge, raréfaction des solutions disponibles, faible impact des mesures d'aide à l'emploi... Et cette situation s'étend à l'ensemble du territoire, «  même si l'on manque de données précises au niveau national », indique l'association. Illustration avec la Basse-Normandie, où une étude sur la situation des 16-25 ans a été menée à l'occasion de l'élaboration du programme régional pour l'emploi des jeunes. Le résultat est accablant : fin mars 1996, les jeunes à la recherche d'un emploi représentaient 23,7 % du total des demandeurs de la région (contre 18,7 % au niveau national). Et 71 % d'entre eux possédaient un niveau de formation égal ou inférieur au CAP (65 % sur toute la France). « Or, 1995 a été marqué par une dégradation de la politique d'accès des jeunes à la qualification et à l'emploi », souligne le directeur de la mission locale de Caen. Ainsi, le nombre des contrats d'orientation a chuté de 23 % et celui des contrats en entreprise d'insertion de 37 %. Sachant que les jeunes les plus en difficulté apparaissent comme les principales victimes de cette dégradation. «  Le problème, reprend Jean-Marie Terrien, c'est que face à cette situation, on se demande s'il y a encore une politique nationale d'insertion des jeunes. Il y a des déclarations nationales et des initiatives intéressantes, mais sur le terrain, ça ne change pas grand-chose. » Les programmes régionaux pour l'emploi des jeunes annoncés lors du sommet social de décembre ? «  Quand ils n'ont pas été rédigés sans aucune concertation, voire signés quasi clandestinement, ils ne proposent qu'un catalogue de mesures déjà existantes sans définir les moyens nécessaires. » L'accord-cadre pour un réseau public de l'insertion, signé le 20 mars dernier par cinq ministres ? «  Deux mois après, aucune initiative n'a été prise dans la plupart des régions. » Les espaces-jeunes prévus par la loi quinquennale pour l'emploi ? «  Ils se mettent en place de façon plutôt chaotique avec le risque, toujours présent, que les missions locales et les PAIO deviennent des sortes d'agences locales pour l'emploi des jeunes », affirme, sur tous ces sujets, l'ANDML.

Aussi est-il nécessaire de «  sortir d'une logique d'empilage des dispositifs, qui accroît l'inefficacité du système, et de désengagement financier qui tend à renvoyer vers d'autres la charge du financement », martèlent les responsables de l'association qui réclament l'instauration d'un véritable droit constitutionnel à l'insertion des jeunes. Lequel offrirait, dès septembre, à chaque jeune, et surtout les plus en difficulté, l'assurance d'un accueil et d'un accompagnement de qualité avec un dispositif d'insertion identique sur tout le territoire. La durée garantie de l'accompagnement serait de neuf mois, organisée en modules courts (trois mois maximum). Coût estimé du programme : environ 500 millions de francs pour 10 000 jeunes (à comparer avec les 11 milliards qui doivent être consacrés au seul CIE en 1996, insiste l'ANDML). Une manne financière qui permettrait, en outre, aux missions locales de sortir d'une situation financière précaire.

Notes

(1)  ANDML : 35, rue d'Angleterre - 44000 Nantes - Tél. 40.12.17.77.

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