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A la CFDT-Santé sociaux : d'un éducateur, l'autre

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Un éducateur, François Chérèque, vient de succéder à un autre éducateur, Marc Dupont, à la tête de la fédération CFDT-Santé sociaux, première organisation syndicale du secteur santé-social. Portrait en double messieurs.

Satisfait. A la veille de quitter son poste de secrétaire général de la fédération CFDT-Santé sociaux, Marc Dupont, 44 ans, est incontestablement fier de son action. Il faut dire que les chiffres plaident en sa faveur : depuis son élection en 1988, le nombre d'adhérents est remonté de 40 000 à plus de 65 000 (70 % pour le sanitaire et 30 % pour le secteur social). Ce qui en fait la fédération la plus importante de la CFDT.

Au-delà de ce palmarès, cet ex-ingénieur commercial devenu éducateur spécialisé en cours d'emploi auprès d'adultes handicapés décline son bilan autour de trois mots clés : le développement de la négociation, avec les accords Evin, Durafour et Durieux, la réflexion sur les conditions de travail et l'ouverture du syndicat sur l'extérieur, notamment en matière de communication. Mais, surtout, il s'enorgueillit d'avoir su négocier le virage de 1988 en faisant face à la création de la coordination CRC pendant le mouvement de lutte des infirmières. Depuis, tous les leaders de l'époque, sauf un, ont rejoint la CFDT, note-t-il. Et la plupart des « gauchistes » de la fédération ont été mis « sous cloche » . Une leçon qui pourrait servir à la confédération, dans les débats qui l'agitent depuis décembre dernier à la suite des prises de position de Nicole Notat sur la protection sociale. Car Marc Dupont en est convaincu, «  si l'on veut que le syndicalisme évolue, il faut le refonder sur autre chose que la lutte des classes  » et en faire «  un outil d'approfondissement de la démocratie  ».

Une analyse partagée par son successeur, François Chérèque, qui souhaite démontrer que « le syndicalisme peut être fondé sur une démarche différente que celle d'un syndicalisme d'opposition », même s'il reconnaît volontiers que certains militants puissent être « un peu perdus par moments » . Tombé tout petit dans la marmite cédétiste (son père Jacques ayant longtemps été responsable confédéral), François Chérèque a commencé sa carrière syndicale par un affront : il s'est vu refuser sa carte CFDT pour cause de père « apparatchik »... Depuis, il a rattrapé le temps perdu et devient secrétaire général de la première fédération à l'âge de 39 ans !Les objectifs de cet éducateur spécialisé dont toute la carrière professionnelle s'est déroulée en psychiatrie ? Poursuivre les chantiers ouverts par son prédécesseur. Avec l'ambition affichée de développer le secteur « professions », pour faire émerger une vision plus transversale des métiers. Sachant que la tâche est culturellement difficile, compte tenu de l'actuelle structuration en branches de la fédération. « L'enjeu, c'est que dans cinq ou six ans, on parle autant professions que branches dans la fédération » , explique-t-il. Tout un programme...

Bios syndicales express . Marc Dupont prend sa carte à la CFDT en 1975. Dès 1983, il est élu au conseil fédéral et, fin 1984, il entre au bureau fédéral. En 1986, il est élu secrétaire général adjoint en étant également chargé de la formation syndicale et du secteur social. Enfin, en novembre 1988, il remplace Jean-René Masson au poste de secrétaire général de la fédération. François Chérèque devient secrétaire de l'union départementale des Alpes-de-Haute-Provence en 1985. On le retrouve, en 1992, à la fédération, secrétaire national chargé des conditions de travail où il devient secrétaire général adjoint en 1995.

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