Recevoir la newsletter

Quelles pratiques pour le travail social aujourd'hui ?

Article réservé aux abonnés

Les nouvelles politiques sociales de lutte contre l'exclusion sont porteuses d'un nouveau modèle d'intervention en travail social. Instauré dans le cadre du RMI, des mesures liées au logement en faveur des personnes défavorisées ou encore des aides aux jeunes en difficulté, l'accompagnement social semble en donner les prémisses. Pourtant, sur le terrain, les travailleurs sociaux rencontrent des difficultés à fixer le cadre de l'accompagnement personnalisé, constate Nadia Angilieri, assistante sociale (1).

« Pourquoi ce décalage entre une volonté politique qui semble louable et les résistances de ceux qui sont chargés de mettre en place ces orientations et de ceux au profit desquelles elles s'expriment ?, s'interroge-t-elle (2). Quelle est la mesure du changement souhaité par les différents acteurs dans le mode d'intervention des professionnels du social ? Quels sont les moyens pour ces derniers de participer à l'élaboration d'un nouveau modèle d'intervention en travail social ?

« En février 1993, la commission “Cohésion sociale et prévention de l'exclusion”, dans le cadre du XIe plan, a retenu l'accompagnement parmi les cinq principales fonctions que devraient, dès à présent, assurer les travailleurs sociaux. Or, l'accompagnement social personnalisé est la fonction la plus proche du modèle dominant d'intervention actuellement utilisé par les professionnels du social. [...] Ce qui différencierait l'accompagnement du travail social traditionnel serait la mission de médiation entre la demande et l'offre de moyens d'insertion. [...]

« La médiation n'est certes pas une inconnue des travailleurs sociaux. Elle a toujours fait partie, à des degrés divers, de leur panoplie d'interventions. [...]Jusqu'à présent, plusieurs facteurs ont conduit les travailleurs sociaux à privilégier une approche clinique des problèmes rencontrés par les usagers, c'est-à-dire une approche centrée sur la personne. Avec l'augmentation des urgences sociales, l'approche clinique a repris de l'ampleur ces dernières années. A ce type d'intervention, l'expérience montre que lui a été associée une conception de la médiation qui est de l'ordre du compromis. Or, ce dernier n'est pas à proprement parler satisfaisant pour des partenaires à la recherche d'un accord, car il suppose un renoncement de part et d'autre. Lorsque le travailleur social effectue des démarches auprès des institutions, à la demande de la personne aidée, pour obtenir une reconnaissance de droit, ce modèle de médiation-compromis le conduit à adapter la demande à l'offre. Or, la priorité donnée aujourd'hui à la recherche d'une adéquation entre l'offre d'insertion et la demande des personnes en difficulté suppose une autre conception de la médiation. Laquelle s'ouvrirait à la négociation définie comme élaboration en commun d'une solution mutuellement acceptable d'un projet, élaboré à partir des projets de chacun, qui puisse satisfaire les partenaires. Ce modèle de médiation-négociation peut alors conduire, dans le cadre d'un accompagnement social, à une meilleure adéquation entre l'offre et la demande de moyens d'insertion, plus que ne le permet le modèle de médiation-compromis. [...] »

Notes

(1)  Nadia Angilieri : Les cigales - Bâtiment B - Avenue Jean-Giono - 13090 Aix-en-Provence - Tél. 42.38.16.06.

(2)  Article rédigé dans le cadre de la préparation d'une licence en sciences de l'éducation à l'université de Provence-Aix-Marseille.

LE SOCIAL EN ACTION

S'abonner
Div qui contient le message d'alerte
Se connecter

Identifiez-vous

Champ obligatoire Mot de passe obligatoire
Mot de passe oublié

Vous êtes abonné, mais vous n'avez pas vos identifiants pour le site ?

Contactez le service client 01.40.05.23.15

par mail

Recruteurs

Rendez-vous sur votre espace recruteur.

Espace recruteur