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Emploi et sécurité dans les quartiers : des priorités pour Françoise de Veyrinas

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Après la remise du rapport de préparation du programme national d'intégration urbaine (PNIU), par MM. Idrac et Duport  (voir notre précédent numéro), Françoise de Veyrinas, secrétaire d'Etat aux quartiers en difficulté, précise les contours du contrat d'initiative locale qu'elle souhaite mettre en œuvre dans les banlieues. Et plaide en faveur de l'éloignement des jeunes multirécidivistes.

ASH : Les préfets Idrac et Duport dressent un constat alarmant de la situation dans les banlieues. Partagez-vous leur inquiétude ?

F. de V.  : Oui. Il faut être bien franc :dans ces quartiers d'habitat social où nous rencontrons une concentration de toutes les fractures (situations de chômage, problèmes de santé, d'exclusion...), la dimension de citoyenneté est mise à mal. Mais le rapport, qui constitue une radiographie de la situation des banlieues, montre que si des difficultés existent, elles peuvent être surmontées. Que l'on peut apporter des réponses.

ASH : Justement, quelles sont celles que vous entendez privilégier ?

F. de V.  : Tout d'abord l'emploi. D'autant que les 6 à 7 millions d'habitants qui peuplent les quartiers d'habitat social représentent un besoin d'emplois nouveaux, tels que des îlotiers de l'environnement, des médiateurs, des gardiens d'immeubles, des médiateurs de bus. Nous souhaitons créer ces nouveaux métiers - marchands ou non marchands - grâce aux contrats d'initiative locale (CIL). Il s'agit de transformer certaines aides à la personne comme le RMI ou l'ASS, en heures de travail rémunérées au SMIC dans le cadre d'un contrat de travail dont la durée pourrait être très variable sans toutefois jamais dépasser 30 heures pour bien le différencier du SMIC. Sous réserve des arbitrages en cours, je peux vous dire qu'il s'agirait d'un CDD d'un an, renouvelable sur une durée de trois ans minimum, un bilan étant effectué chaque année. En outre, le contrat serait assorti d'une formation. Les CIL devraient être également ouverts aux jeunes sans allocation et sans qualification. Ils seront mis en œuvre par les collectivités locales, les associations, les organismes HLM et les entreprises délégataires de service public. Le tout dans le cadre de besoins définis localement par les partenaires institutionnels. Destinés aux 18-60 ans et conçus comme l'antichambre du CIE, ils permettront donc de redonner de la dignité à leurs bénéficiaires, qui retrouveront ainsi une fonction, et de recréer du lien social. Nous souhaitons proposer 100 000 CIL sur les trois prochaines années. J'insiste sur le fait qu'il s'agit de proposer et non pas d'imposer- il n'est pas question de supprimer le RMI - à ceux qui le désirent de participer, de cette façon, au développement social, économique, sportif et culturel de leurs quartiers ou des quartiers voisins.

ASH : Quelles sont vos autres priorités ?

F. de V.  : Je suis également très attachée à la place de la famille dans ces quartiers, notamment à la relation jeunes-adultes et à la dimension éducative. Nous avons un taux de délinquance qu'il faut arriver à endiguer de deux façons. Par la prévention bien sûr, mais en même temps, par un rappel à la loi. Il faut que le jeune, quand il est multirécidiviste, trouve un lieu d'accueil adapté pour préparer son intégration dans la société, mais, en même temps, qu'il y ait bien une sanction. Ce peut être sous la forme de foyers spécialisés renforcés, pour que ces jeunes trouvent l'éloignement indispensable à un moment donné. Car 20 à 50 d'entre eux peuvent déstabiliser l'ensemble du quartier et du travail mené par les familles et l'ensemble des acteurs locaux.

Propos recueillis par H.M. et J.V.

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